Si nous avions décidé la boutique, mes oncles et tantes avaient opté soit pour le bassin houiller, soit pour la manufacture de textile .
Je ne sais toujours pas quels oncles et tantes ont eu raison.
Quand ma mere me confiait à sa soeur, je les comparait toujours avec fascination l'une de l'autre.
Ma tante demandait toujours qu'on l'aide a se lever à cause de son dos ( elle n'avait pourtant que la grande vingtaine ).
Elle se justifiait en parlant avec crainte du travail que lui donnait le contre-maître. C'était le moment qu'on attendait, mes cousins et moi, où elle mimait cet homme grincheux et peureux ( "Frau Szpiman ! Schnell !! Vous ne travaillez pas assez vite !" ou bien "Recommencez votre travail ! Nous allons vous rempacez si vous continuez à saloper votre travail !!" ) : son histoire terminait tout le temps couvert par nos éclats de rires de petits enfants !
On sentait un sentiment de colère, de frustration, de moquerie joussive dans sa voix et de satisfaction apaissée quand elle entendait nos premiers etouffement de rire.
Mommer, son spectacle favoris, c'était ses clients qui comparait les chausettes de l'usine et les siennes qu'elles achetaient chez ma mere .
On resentait les memes sentiments que ceux de ma tante, un mélange invraisemblable de colèreuse frustration moqueuse apaisante à raconter .
Il n'empeche que elle voyait l'usine comme une fin evidente, les vetements de la boutique ne pouvaient tenir éternelement le coup sous les attaques des faibles prix de la fabrique ...
C'était les principaux sujets de conversation de ma mere et ma tante, de vraies disputes comme si elles se rejetaient la faute mutuelement de devoir imperativement produire-vendre de plus en plus pour survivre !
